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Informations santé

Quels sont les signes et les causes de la sarcopénie ?

1 septembre 2026 23 min
Sarcopénie et définition des signes de perte de force musculaire

Se relever d’une chaise devient plus difficile, monter les escaliers demande davantage d’effort ou porter ses courses semble plus pénible. Ces changements peuvent traduire une perte de capacités musculaires. Pour comprendre la sarcopénie, sa définition médicale doit distinguer force, masse musculaire et performances physiques. Quels signes doivent alerter, pourquoi apparaît-elle et comment préserver ses muscles ? Explications.

Sarcopénie et définition médicale : de quoi s’agit-il exactement ?

La sarcopénie touche le muscle dans sa structure et son fonctionnement. La force musculaire occupe désormais une place centrale dans son identification.

La sarcopénie : une définition qui ne se limite pas à la fonte musculaire

La sarcopénie est un trouble musculaire progressif et généralisé. Elle est associée à un risque plus élevé de chute, de fracture, de handicap physique et de mortalité [1]. La simple diminution de la masse musculaire ne suffit pas à la définir.

L’évaluation distingue trois niveaux, selon l’atteinte musculaire :

  1. sarcopénie probable : la force musculaire est diminuée ;
  2. sarcopénie confirmée : la faible force musculaire est associée à une diminution de la quantité ou de la qualité musculaire ;
  3. sarcopénie sévère : aux critères précédents s’ajoute une baisse des performances physiques, par exemple une vitesse de marche réduite [1].


Cette distinction explique pourquoi une personne peut perdre du muscle avec l’âge sans répondre aux critères diagnostiques de la sarcopénie.

À quel âge la sarcopénie peut-elle apparaître ?

La masse et la force musculaires augmentent pendant la jeunesse et le jeune âge adulte. Elles atteignent généralement leurs valeurs maximales avant 40 ans, puis tendent à diminuer progressivement avec l’avancée en âge. Après 50 ans, la masse musculaire des jambes peut diminuer d’environ 1 à 2 % par an, tandis que leur force peut baisser de 1,5 à 5 % par an. Ces chiffres varient toutefois selon les personnes [1].

La sarcopénie devient plus fréquente avec l’avancée en âge, mais elle n’est pas une conséquence systématique du vieillissement. Elle peut également apparaître plus tôt lorsqu’une maladie, une immobilisation ou des apports nutritionnels insuffisants accélèrent la dégradation musculaire. On parle alors de sarcopénie secondaire [1].

Quels sont les signes qui peuvent faire penser à une sarcopénie ?

Une baisse de force peut se remarquer dans les activités quotidiennes, même lorsque la silhouette change peu.

Sarcopénie et définition des premiers signes fonctionnels

La diminution de la force musculaire peut se manifester par des difficultés dans des gestes du quotidien, par exemple :

  • se relever d’une chaise sans s’aider des bras ;
  • monter des escaliers ;
  • porter une charge ;
  • marcher plus lentement qu’auparavant [1].


Ces signes doivent être interprétés avec prudence.
Ils ne sont pas spécifiques de cette atteinte musculaire. Des maladies articulaires, neurologiques, cardiovasculaires ou respiratoires peuvent aussi provoquer des difficultés similaires.

C’est pourquoi les symptômes seuls ne permettent pas de diagnostiquer une sarcopénie.

Une perte musculaire parfois peu visible

La sarcopénie ne s’accompagne pas toujours d’un amaigrissement évident. Une personne peut conserver un poids stable tandis que sa composition corporelle évolue.

Elle peut aussi présenter simultanément un excès de masse grasse et une diminution de la masse et de la fonction musculaires. On parle alors d’obésité sarcopénique [2]. Cette situation montre pourquoi le poids ou l’IMC ne renseignent pas, à eux seuls, sur l’état musculaire.

Les changements dans les capacités quotidiennes peuvent donc fournir des indices plus parlants qu’une simple observation de la corpulence.

Quelles sont les principales causes de la sarcopénie ?

La sarcopénie résulte souvent de plusieurs mécanismes associés. Vieillissement, activité physique, nutrition et état de santé peuvent agir simultanément sur le muscle.

Le vieillissement modifie progressivement le fonctionnement musculaire

Avec l’âge, le muscle répond moins efficacement aux stimuli qui entretiennent sa masse. La synthèse des protéines musculaires devient moins efficace, tandis que des modifications hormonales, métaboliques et inflammatoires peuvent freiner son renouvellement.

Le système neuromusculaire évolue également. Certaines unités motrices, qui associent un neurone moteur aux fibres musculaires qu’il commande, disparaissent ou se réorganisent. Ces changements peuvent participer à la diminution de la force [3].

L’inactivité physique et l’alimentation participent à la perte musculaire

L’inactivité physique, qu’elle soit liée à la sédentarité, à une immobilisation ou à un alitement, réduit les sollicitations musculaires et favorise la perte de force et de masse musculaires. Un apport énergétique ou protéique insuffisant peut également favoriser la dégradation musculaire, notamment chez les personnes âgées.

Sarcopénie et dénutrition peuvent ainsi coexister. Chez les personnes de 70 ans et plus, une sarcopénie confirmée fait partie des critères phénotypiques (signes corporels mesurables) pouvant participer au diagnostic de dénutrition [4]. Un IMC normal ou élevé peut par ailleurs coexister avec une dénutrition.

Certaines maladies peuvent favoriser une sarcopénie secondaire

Certaines maladies peuvent accélérer la perte musculaire en favorisant l’inflammation, la baisse de l’activité physique, la diminution des apports alimentaires ou l’augmentation des besoins énergétiques. C’est notamment le cas de certains cancers, de maladies inflammatoires chroniques ou d’insuffisances cardiaque, rénale ou respiratoire [1].

Une hospitalisation prolongée peut aussi favoriser une sarcopénie secondaire, surtout lorsqu’elle s’accompagne d’une immobilisation ou d’une réduction importante des déplacements [5].

Les liens entre plusieurs maladies fréquentes avec l’âge restent encore à mieux comprendre. Arthrose, sarcopénie et ostéoporose ont souvent été étudiées séparément, alors qu’elles peuvent coexister chez une même personne. Le projet PROMeSSE, pour lequel la Fondation HCL collecte des dons, vise justement à étudier ensemble ces trois pathologies afin d’identifier les mécanismes biologiques qu’elles pourraient partager. Il s’appuiera notamment sur l’analyse de protéines impliquées dans le vieillissement musculo-squelettique, avec l’objectif de mieux comprendre les facteurs associés à leur apparition et à leur progression.

Comment diagnostique-t-on la sarcopénie ?

Le diagnostic suit plusieurs étapes : repérer les personnes à risque, mesurer leur force, évaluer leur masse musculaire puis apprécier leurs performances physiques.

Des tests simples évaluent d’abord la force et les capacités physiques

Le questionnaire SARC-F peut être utilisé pour le repérage initial d’un risque de sarcopénie. Il évalue cinq dimensions [6] :

  • la force ;
  • le besoin d’aide pour marcher ;
  • la capacité à se relever d’une chaise ;
  • la capacité à monter des escaliers ;
  • la fréquence des chutes.

Repères pour évaluer la force musculaire

La force de préhension se mesure avec un dynamomètre. Pour les populations européennes, une force de préhension inférieure à 27 kg chez l’homme ou à 16 kg chez la femme correspond à une force musculaire faible [1]. Réaliser cinq levers de chaise en plus de 15 secondes est un autre critère de faible force musculaire [1]. Une vitesse de marche inférieure ou égale à 0,8 m/s fait partie des seuils utilisés pour identifier une diminution des performances physiques [1].

L’évaluation de la masse musculaire permet de préciser le diagnostic

Le diagnostic est confirmé lorsque la diminution de la force musculaire s’accompagne d’une baisse de la quantité ou de la qualité musculaire.

Cette évaluation peut reposer sur une absorptiométrie biphotonique (DXA), qui estime la masse maigre appendiculaire, utilisée comme indicateur de la quantité musculaire, à l’aide de faibles doses de rayons X. L’impédancemétrie bioélectrique (BIA) estime la composition corporelle à partir de la résistance des tissus au passage d’un courant électrique de très faible intensité [1].

Une fonte musculaire visible ou une perte de poids ne suffisent donc pas à poser le diagnostic.

Comment prévenir la sarcopénie et préserver sa force musculaire ?

L’activité physique régulière et des apports nutritionnels adaptés contribuent à préserver la masse et la force musculaires.

L’activité physique entretient la force et les capacités musculaires

Le renforcement musculaire aide à entretenir la force. Il doit être adapté aux capacités, aux maladies éventuelles et au niveau d’activité de chaque personne. Chez les personnes de 65 ans et plus, les recommandations générales d’activité physique prévoient des exercices sollicitant les principaux groupes musculaires au moins deux jours par semaine [7].

À cela s’ajoutent, au moins trois jours par semaine, des activités variées associant équilibre fonctionnel et renforcement musculaire pour entretenir les capacités fonctionnelles et limiter le risque de chute [7].

Une alimentation adaptée soutient le maintien de la masse musculaire

Les muscles ont besoin d’un apport énergétique suffisant et de protéines pour assurer leur renouvellement. Les besoins dépendent toutefois de l’âge, de l’état nutritionnel, de l’activité physique et des maladies présentes [8].

Quand demander une évaluation ?

Une perte de poids involontaire, une diminution des prises alimentaires ou une baisse rapide des capacités physiques justifient une évaluation professionnelle. Le repérage d’une éventuelle dénutrition permet d’adapter l’accompagnement nutritionnel à la situation de la personne.

La sarcopénie montre ainsi que le vieillissement musculaire ne peut pas être évalué à partir de la seule silhouette. Force, composition corporelle, mobilité, nutrition et maladies associées doivent être considérées ensemble. Mieux comprendre les liens entre les muscles, les os et les articulations pourrait permettre de repérer plus tôt les personnes à risque et de mieux prévenir la perte d’autonomie.

Cet article reflète les connaissances disponibles à sa date de rédaction. Compte tenu de l’évolution constante des connaissances scientifiques, certains éléments abordés pourraient ne plus être entièrement actuels ou complets au moment de votre consultation.


Sources :

[1] Cruz-Jentoft AJ, Bahat G, Bauer J, et al. Sarcopenia: revised European consensus on definition and diagnosis. Age and Ageing. 2019;48(1):16–31.

[2] Donini LM, Busetto L, Bischoff SC, et al. Definition and diagnostic criteria for sarcopenic obesity: ESPEN and EASO consensus statement. Clinical Nutrition. 2022;41(4):990–1000.

[3] Larsson L, Degens H, Li M, et al. Sarcopenia: Aging-Related Loss of Muscle Mass and Function. Physiological Reviews. 2019;99(1):427–511.

[4] Haute Autorité de Santé. Diagnostic de la dénutrition chez la personne de 70 ans et plus. Recommandation de bonne pratique. 10 novembre 2021.

[5] Welch C, Majid Z, Greig C, et al. Interventions to ameliorate reductions in muscle quantity and function in hospitalised older adults: a systematic review towards acute sarcopenia treatment. Age and Ageing. 2021;50(2):394–404.

[6] Malmstrom TK, Miller DK, Simonsick EM, Ferrucci L, Morley JE. SARC-F: a symptom score to predict persons with sarcopenia at risk for poor functional outcomes. Journal of Cachexia, Sarcopenia and Muscle. 2016;7(1):28–36.

[7] World Health Organization. WHO guidelines on physical activity and sedentary behaviour. Geneva: WHO; 2020.

[8] Volkert D, Beck AM, Cederholm T, et al. ESPEN practical guideline: Clinical nutrition and hydration in geriatrics. Clinical Nutrition. 2022;41(4):958–989.