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Accueil » Notre-action » Recherche-et-innovation » Informations-sur-les-maladies-et-la-recherche-medicale » Causes de l’AVC hémorragique : quels sont les facteurs de risque ?
Lorsqu’un vaisseau sanguin se rompt dans le cerveau, les conséquences peuvent être dramatiques. Mais quelle est, au juste, la cause d’un AVC hémorragique ? Pourquoi certaines personnes sont-elles plus à risque ? On vous explique les différents facteurs en jeu, des pathologies chroniques aux prédispositions individuelles, sans oublier les habitudes de vie modifiables.
Un AVC hémorragique correspond à une hémorragie intracérébrale. Un vaisseau sanguin se rompt dans le cerveau et le sang forme un hématome (une poche de sang) qui comprime les tissus voisins et perturbe brutalement leur fonctionnement.
On distingue les hémorragies profondes (noyaux gris centraux, thalamus, tronc cérébral, cervelet) et les hémorragies lobaires, plus proches de la surface du cerveau.
Les formes profondes sont le plus souvent liées à l’hypertension artérielle chronique, qui fragilise les petites artères perforantes. Les formes lobaires sont davantage associées à des maladies de la paroi vasculaire liées à l’âge (comme l’angiopathie amyloïde) ou à des malformations vasculaires.
| 💡 Le saviez-vous ? L’hémorragie intracérébrale représente environ 10 à 15 % des AVC, dans les pays à revenu élevé. C’est l’une des formes les plus graves d’AVC, avec une mortalité d’environ 40 % à un mois et un risque élevé de handicap sévère chez les survivants. |
L’hypertension artérielle est le principal facteur de risque identifié dans les revues systématiques et les grandes cohortes internationales.
Lorsque la pression artérielle reste élevée pendant des années, les petites artères du cerveau se remodèlent, s’épaississent et deviennent fragiles. On parle alors de lipohyalinose.
De minuscules dilatations (anévrismes de Charcot-Bouchard) peuvent alors se former sur ces vaisseaux abîmés et se rompre, en particulier au niveau des noyaux gris centraux, du thalamus ou du tronc cérébral, provoquant une hémorragie intracérébrale.
Plusieurs éléments du mode de vie augmentent le risque d’hémorragie cérébrale :
→ consommation excessive d’alcool ;
→ tabagisme ;
→ diabète ;
→ obésité ;
→ sédentarité.
Les anticoagulants (prescrits pour prévenir la formation de caillots sanguins, par exemple en cas de fibrillation auriculaire) et certains antiagrégants plaquettaires augmentent la probabilité de saignement, notamment chez les personnes âgées ou hypertendues.
Heureusement, ces facteurs restent modifiables. Ce sont des leviers sur lesquels vous pouvez agir pour réduire le risque d’AVC hémorragique.
Certaines caractéristiques personnelles augmentent le risque, indépendamment du mode de vie. Les grandes analyses épidémiologiques montrent que l’âge et le sexe masculin sont deux facteurs de risque important. Plus l’âge avance, plus le risque d’hémorragie intracérébrale augmente, avec une prédominance chez les hommes.
Les antécédents familiaux d’AVC hémorragique et certaines particularités génétiques jouent aussi un rôle. Des variants du gène APOE, par exemple, sont associés aux hémorragies lobaires liées à l’angiopathie amyloïde cérébrale chez le sujet âgé.
Chez des adultes plus jeunes, une cause fréquente d’AVC hémorragique est la présence d’une malformation vasculaire :
→ les malformations artério-veineuses (MAV) : réseaux anormaux reliant directement les artères et les veines ;
→ les anévrismes intracrâniens : dilatations fragiles d’une artère ;
→ certaines anomalies veineuses ou fistules durales.
L’angiopathie amyloïde cérébrale, où une protéine (amyloïde) se dépose dans la paroi des artères cérébrales, est plutôt observée chez la personne âgée et favorise les hémorragies lobaires récidivantes.
Les symptômes d’une hémorragie cérébrale sont très proches de ceux d’un AVC ischémique :
→ déficit brutal d’un côté du corps ;
→ déformation de la bouche ;
→ difficulté à parler ou à comprendre ;
→ trouble visuel soudain ;
→ perte d’équilibre.
L’hémorragie intracérébrale est toutefois plus souvent associée à :
→ un mal de tête brutal et intense ;
→ des nausées ou des vomissements ;
→ une baisse rapide de la vigilance, voire une perte de connaissance.
| 💡 Quand consulter ? En présence de ces signes d’alerte, appelez immédiatement les secours (15 ou 112). Plus la prise en charge sera rapide, meilleur sera le pronostic. Seule une IRM pourra distinguer un AVC hémorragique d’un AVC ischémique, pour ensuite guider le traitement. |
Sur un terrain vasculaire fragilisé, certains facteurs peuvent jouer le rôle de déclencheurs :
→ effort physique intense (port de charge lourde, pratique sportive exigeante) ;
→ stress aigu avec montée brutale de la tension ;
→ traumatisme crânien (chute, accident).
Dans les études centrées sur les sujets jeunes, la consommation d’alcool ou de substances toxiques (stimulants, drogues) est fréquemment retrouvée comme facteur déclenchant ou aggravant, en particulier lorsque la pression artérielle est déjà élevée.
Les données cliniques et les méta-analyses montrent qu’un bon contrôle de la tension artérielle est la mesure la plus efficace pour diminuer l’incidence des hémorragies intracérébrales.
Concrètement :
→ faites mesurer votre tension régulièrement ;
→ suivez le traitement antihypertenseur prescrit ;
→ limitez le sel et l’alcool, arrêtez de fumer ;
→ adoptez une alimentation équilibrée et une activité physique régulière ;
→ surveillez votre poids et votre diabète le cas échéant.
Chez les personnes sous anticoagulants, un suivi rapproché permet d’ajuster les doses et de discuter d’alternatives si le risque d’hémorragie devient trop important.
L’AVC hémorragique est une urgence vitale. À l’hôpital, les équipes spécialisées stabilisent d’abord les fonctions vitales et surveillent étroitement la tension artérielle.
Si le patient prend des anticoagulants, des traitements spécifiques sont administrés pour en inverser l’effet.
Selon la taille et la localisation de l’hématome, une intervention neurochirurgicale ou un drainage ciblé peuvent être proposés, pour réduire la pression dans le crâne.
La rééducation (kinésithérapie, orthophonie, ergothérapie) commence ensuite le plus tôt possible pour limiter les séquelles.
Mieux connaître les facteurs de risque d’AVC hémorragique permet d’agir plus tôt et plus efficacement. En ajustant son mode de vie et en surveillant sa tension, chacun peut réduire sa vulnérabilité. La prévention reste, plus que jamais, un véritable levier de santé.
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Cet article reflète les connaissances disponibles à sa date de rédaction. Compte tenu de l’évolution constante des connaissances scientifiques, certains éléments abordés pourraient ne plus être entièrement actuels ou complets au moment de votre consultation.
Sources :
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