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Le 6 mars 2026
  • Projet "Recherche & innovation"

La RIV, 3ème révolution thérapeutique des cancers pour améliorer la survie et le vécu de la maladie – Projet RIVERA

RIVERA

La RIV (radiothérapie interne vectorisée) s’annonce comme la 3ème révolution thérapeutique dans la lutte contre le cancer. Comme tout nouveau traitement innovant, elle est d’abord proposée aux patients en échec thérapeutique, lorsque leur cancer n’a pas répondu aux traitements standards, ou insuffisamment. Ainsi, la RIV est aujourd’hui principalement proposée aux patients atteints de maladie métastatique dans certains cancers de la thyroïde, de tumeurs neuro-endocrines, et de cancers de la prostate.

Parce que les résultats de cette nouvelle technologie sont très prometteurs, des projets de recherche sont en cours au sein du centre de théranostique* des HCL, pour tester et développer de nouveaux médicaments radiopharmaceutiques actifs sur d’autres cancers.

Demain, grâce à vos dons et grâce à l’Intelligence Artificielle (IA), les chercheurs pourraient aller plus vite, pour offrir la RIV à davantage de patients, atteints d’autres cancers, et à un stade plus précoce de leur parcours de soin.

 * Théranostique : combinaison du diagnostic et de la thérapie

 

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La Radiothérapie Interne Vectorisée (RIV) est une avancée majeure en cancérologie, qui s’annonce comme la prochaine révolution thérapeutique dans la lutte contre le cancer.

Cette nouvelle technique est une innovation de médecine nucléaire qui s’appuie sur l’administration de médicaments radiopharmaceutiques, c’est-à-dire contenant des éléments radioactifs.

On connaît tous la radiothérapie externe, qui a pour but de détruire les cellules cancéreuses à l’aide de rayonnements en bloquant leur capacité à se multiplier, tout en préservant le mieux possible les tissus sains et les organes avoisinants. La Radiothérapie Interne Vectorisée (RIV), quant à elle, utilise les rayonnements pour détruire les cellules cancéreuses de façon ciblée, minimisant ainsi les effets sur les tissus sains. Elle consiste à administrer au patient, par voie orale ou intra veineuse, un médicament radiopharmaceutique constitué de deux parties : d’une part, un élément chimique radioactif (isotope radioactif), d’autre part, une molécule vectrice capable de transporter l’isotope jusqu’à sa cible, la cellule cancéreuse. Ce médicament parcourt l’organisme via la circulation sanguine, et il va se fixer spécifiquement sur les cellules cancéreuses pour lesquelles il a été programmé.

La particularité de la RIV, c’est qu’elle combine deux étapes essentielles de la prise en charge médicale : le diagnostic et le traitement. En effet, une fois le vecteur mis au point, on l’associe dans un premier temps à un isotope dont le rôle est d’émettre des rayonnements gamma pour produire des images : la molécule peut ainsi être suivie dans le corps humain par des caméras qui détectent le rayonnement ; cet examen d’imagerie est connu sous le nom de tomographie par émission de positons (TEP). Cette étape permet aux médecins de cartographier les localisations des cellules cancéreuses et de s’assurer que le produit administré se fixe bien dans les cellules cancéreuses.

Dans un second temps, le même vecteur est associé à un autre isotope dont le rôle est d’irradier les cellules cancéreuses pour endommager leur ADN, et ainsi les détruire. En se fixant uniquement sur les cellules cancéreuses, y compris celles dispersées dans l’organisme (métastases), la RIV rend possible le traitement de cibles de petites tailles, nombreuses et disséminées ; le médicament étant au contact de la tumeur, les tissus voisins sont épargnés ce qui permet de diminuer les effets indésirables.

« Avec la RIV nous voyons ce que nous avons à traiter et nous traitons ce que nous voyons »

 

Rendre la RIV accessible : un enjeu majeur pour les patients atteints de cancers

 Comme tout nouveau traitement innovant, la RIV n’est, pour le moment, proposée que dans quelques indications : les cancers de la thyroïde, les tumeurs neuro-endocrines et les cancers de la prostate métastatiques avancés. Concernant cette dernière pathologie, la RIV arrive souvent en cas d’impasse thérapeutique lorsqu’il existe peu d’autres options de traitement.

Mais les bénéfices de ces traitements sont tels que les médecins-chercheurs placent beaucoup d’espoirs dans le développement de cette technique. La RIV est en effet bien supportée, avec peu d’effets secondaires au cours du traitement, contrairement aux traitements conventionnels du cancer (chimiothérapie, thérapies ciblées etc.). Le schéma d’administration permet également de limiter les venues à l’hôpital, notamment pour les personnes fragiles, et les patients peuvent fréquemment reprendre leurs activités. Leur qualité de vie est préservée, voire améliorée en cours de traitement. Ainsi, les patients traités pour un cancer de la prostate avancé peuvent noter une amélioration de leurs symptômes, tels que les douleurs osseuses liées aux métastases, ce qui permet une diminution de la prise de médicaments anti-douleurs.

Pour accélérer l’accès des patients à ces thérapies innovantes prometteuses, un trinôme constitué d’un médecin nucléaire (Dr Anthime Flaus), d’une oncologue (Dr Alice Durand) et d’une radiopharmacienne (Dr Sarah Chaïb) a monté le projet RIVERA (pour « ère de la radiothérapie interne vectorisée »).

 

De la collection biologique à la prédiction grâce à l’intelligence artificielle

 Au cœur du projet Rivera : la constitution d’une collection biologique. Il s’agira de stocker au sein d’une biobanque les prélèvements biologiques des patients ayant bénéficié d’un traitement par RIV (prélèvements sanguins, pièces de biopsie…), ainsi que toute analyse complémentaire qui pourra être faite notamment par les différents services de biologie des HCL.

Dans quel objectif ? Les explications du Dr Anthime Flaus :

« Pour l’instant, nous ne récoltons que les données minimales des patients qui viennent faire des traitements par RIV, dans une base de données basique : la date des cures, les imageries… Mais pour essayer de mieux comprendre pourquoi tel patient n’a pas répondu au traitement quand tel autre a bien répondu, nous avons besoin d’aller plus loin. Une collection biologique avec les prélèvements sanguins, les éventuelles pièces de biopsies et les coupes d’anatomo-pathologie numérisées… Toutes ces informations, associées à des analyses complémentaires (par ex. l’analyse de l’ADN circulant) pourraient nous permettre de mieux analyser ces aspects. »

 La constitution de cette collection biologique est un prérequis. Car dans un deuxième temps, ces données pourraient être intégrées, grâce à l’apport de l’intelligence artificielle, pour prédire si un patient sera « un bon candidat » à un traitement par RIV et limiter les effets secondaires potentiels.

Le projet RIVERA comporte également l’acquisition d’équipements-clé indispensables au développement de projets de recherche, qui viseront :

  • à améliorer l’efficacité, la tolérance et l’accès à ce traitement innovant,
  • à permettre une arrivée au plus tôt dans le parcours de soins (et plus seulement en dernière ligne de traitement), pour offrir aux patients un gain de chance supplémentaire sur la voie de la guérison,
  • à développer la RIV dans d’autres types de cancers, plus fréquents.

Les chercheurs souhaitent notamment pouvoir disposer d’un appareil d’autoradiographie, une sorte de microscope pour la radioactivité, qui permet de visualiser, sur un échantillon de tissus, comment la radioactivité s’est déposée. Concrètement, sur un échantillon de tumeur, cet équipement produit une sorte de « carte » montrant où le médicament radioactif s’est déposé et à quelle concentration. Autrement dit, en visualisant où le médicament radiopharmaceutique s’est fixé dans un échantillon de tissu, les chercheurs peuvent savoir si le médicament atteint bien la tumeur, si la fixation est forte ou faible, et si certaines zones du cancer ne captent pas le traitement. Ces informations sont indispensables pour le développement de nouveaux candidats médicaments radiopharmaceutiques et les chercheurs espèrent ainsi tester de nouveaux vecteurs susceptibles de se fixer sur d’autres types de cellules cancéreuses, ou sur le micro-environnement de la tumeur, afin de concevoir, de produire et de valider de nouveaux médicaments radiopharmaceutiques, portant sur de nouvelles cibles thérapeutiques.

 

Les HCL, 1er centre de traitement du cancer en AURA

L’Institut de Cancérologie des HCL est le premier centre de traitement du cancer de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

– Plus de 20 000 patients pris en charge chaque année pour un cancer.

– Plus de 8 500 nouveaux patients par an.

– Près de 26% des patients se voient proposer un essai clinique, grâce à la structuration et à l’expertise des HCL en termes de recherche clinique et d’innovation.

– Près de 4 000 patients ont ainsi accès chaque année aux dernières innovations thérapeutiques.
– Les HCL sont labellisés centre de référence tumeurs rares à l’échelle de la France et à l’échelle de l’Europe.

 

Les HCL et la RIV

Actuellement le centre théranostique RIV des HCL est :

  • 1er recruteur monde sur 1 essai clinique
  • 1er recruteur Europe sur 2 essais cliniques.
  • 1er recruteur national dans 2 autres études nationales.

En termes de recherche clinique, les HCL ont actuellement :

  • 15 essais cliniques thérapeutiques RIV ouverts notamment sur le méningiome, le glioblastome, le cancer du poumon, le cancer du sein et le cancer du foie
  • 5 études types registres, qualité de vie (projet AURARIV)

 



Porteur(s) du projet

Dr Sarah Chaïb, radiopharmacienne, Dr Anthime Flaus, médecin nucléaire, Dr Alice Durand, oncologue

Coût du projet

500.000 €